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Homme et femme, l'altérité fondatrice Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jérôme REVY   
18-09-2008
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Je vous conseille ce livre qui vient de paraître de François de Muizon : homme et femme, l'altérité fondatrice - édition du cerf.

François de Muizon, marié, 4 enfants, est agrégé de philosophie et maître en théologie. Engagé dans la Communauté du Chemin Neuf, il enseigne la philosophie en Classe Préparatoire au Lycée des Chartreux et l’éthique à l’Université Catholique de Lyon. Il poursuit une thèse de doctorat conjoint en philosophie (Lyon III) et en théologie (UCL) sur la procréation.
Selon les tenants de la Gender theory, le sexe serait devenu incertain, modulable, réinventable au gré de nos caprices et de nos hésitations. Pour comprendre la racine d’un tel "trouble dans le genre", il est utile de puiser dans les ressources de la philosophie, depuis les Grecs (Platon, Aristote) jusqu’aux penseurs contemporains (Freud, Sartre, Beauvoir, Foucault, Butler, Laqueur, Lévinas, Fessard, Bruaire…), mais aussi dans la révélation biblique, en l’éclairant par les commentateurs juifs (midrashim, kabbale), et chrétiens (Irénée, Tertullien, Grégoire de Nysse, Augustin, Thomas d’Aquin, Barth, Balthasar, Jean-Paul II)
Au-delà du naturalisme et du constructivisme, l’écart entre l’homme et la femme renvoie à une altérité fondamentale, une irréductible dissymétrie entre le génie féminin et le génie masculin. Source inépuisable de sens, elle constitue sans doute l’une des énigmes humaines les plus difficiles à déchiffrer. Parce qu’elle se dérobe à l’analyse, échappant au pouvoir de la définition, elle exige un travail d’interprétation, une herméneutique. Être sexué, c’est être limité, c’est renoncer à la toute-puissance. La limite n’est pas repli sur le même mais brèche, ouverture ordonnée au don, à la communion, à la vie. La différence sexuelle révèle que la profondeur de la vie personnelle est relationnelle. L’homme n’est fécond que s’il consent à se donner et à se recevoir de l’autre. Réjouissante nécessité qui nous conduit à renoncer au leurre d’une réalisation assexuée de l’humain.
La tradition judéo-chrétienne est souvent encore accusée de mépriser le corps et le sexe, de diffuser un patriarcat machiste et misogyne, et un naturalisme caricatural. Comprise à partir de son centre trinitaire, la théologie chrétienne est pourtant riche d’un sens radicalement neuf, aussi nécessaire que mal connu, éclairant au vif de la chair et de la personne, le mystère de la différence des sexes.
 
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