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Une figure politique au service du Bien commun Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Etienne ROSSET   
16-09-2009
Voici une relecture de la vie de Jean-Paul II, à la lumière de l'Evangile. Jean-Paul II est à mon sens l'une des grandes figures contemporaines à avoir assumé le service du Bien commun, avec une grande profondeur et sous des facettes multiples. J'avais rédigé cet article en avril 2005.

Jean-Paul II.

 

Les médias se sont fait l’écho de l’extraordinaire vie de Karol Wojtyla, devenu Jean-Paul II. Je vous propose de ne pas rester à l’épiderme et d’entrer dans l’intelligence de cette vie, dont l’Evangile tenait lieu de filigrane.

Un géant de l’Histoire est entré dans sa Pâque. Par sa seule présence, il aura bouleversé le monde. De sa prière, il aura puisé ses paroles et ses actes ; il aura laissé Jésus-Christ parler et agir à travers lui. « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix » disait le pauvre d’Assise. Assise sera l’un des lieux phares de son pontificat.

Ce pape : homme universel, habitacle de Jésus-Christ. L’émotion mondiale suscitée par sa mort montre comme, à travers son vicaire, Jésus-Christ ne laisse pas indifférents les hommes de notre temps.

  

Artisan du bien commun

 

« N’ayez pas peur ! Ouvrez tout grand les portes au Christ. » Octobre 1978. Le monde est coupé en deux, soumis à des dictateurs, des présidents, des maréchaux, des chanceliers, des ministres… Il manque un berger. « A la vue des foules, il eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis sans berger. » (Mt.9,36) Un prophète se lève. Il appelle à détruire les murs et construire des ponts entre les peuples. Les murs de pierre et les rideaux de fer matérialisent les murs idéologiques qui opposent les peuples, divisent les nations, fragmentent les familles, éclatent les êtres. En ouvrant son pontificat, Jean-Paul II appelle chacun à l’unité : ouvrez les portes de votre cœur à Jésus-Christ, il viendra panser vos blessures et reconstruire votre unité.

« N’ayez pas peur ! » La puissance soviétique n’a jamais tant effrayé le reste du monde. Dès 1979, les troupes soviétiques entrent en Afghanistan, Khomeyni s’empare du pouvoir en Iran, les Etats-Unis reconnaissent la Chine communiste. Les boat people errent sur les mers d’Asie, l’insécurité se perpétue en Ouganda comme au Tchad, l’Amérique latine vit sous des régimes militaires. Dans ce contexte, Jean-Paul II entreprend ses premiers voyages. Ni conquérant, ni révolutionnaire, ni stratège souterrain, le pèlerin part à la rencontre des hommes. Il ne reste pas enfermé dans son palais. « Le Christ Jésus, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu » (Ph.2,6). Jean-Paul II assume sa mission de « vicaire du Christ. »

Cette même année 1979, un voyage en Pologne, sa patrie, suscite un bouillonnement social. Grèves de Gdansk, Solidarnosc, arrivée de Jaruselski pour rétablir l’ordre soviétique, arrestation de Lech Walesa… Le Kremlin lance la Glasnost et la Perestroïka. Des convulsions secouent le bloc de l’Est. Tout s’enchaîne comme si le pape avait allumé la mèche qui mènera à l’écroulement du système soviétique. Dix ans suffisent à l’amour pour triompher d’une colossale machine de guerre.

L’envergure politique d’un tel homme dérange ceux dont le pouvoir repose sur le mensonge. Le 13 mai 1981, une main armée le vise et l’atteint. Des points rouges sur une soutane blanche. Le pape s’effondre, mais il vit ; il lui reste une œuvre immense à réaliser. La flamme de l’amour vacille sous le feu de l’arme, mais elle subsiste. La date de l’attentat évoque instantanément la Vierge de Fatima. Jean-Paul II découvre alors qu’en 1917, trois ans avant sa naissance, Notre-Dame l’avait déjà comblé de sa sollicitude : il est « l’homme en blanc » qui s’écroule sous la violence des hommes. En 1983, Jean-Paul II ira en prison, rendre visite à celui dont la main tenait l’arme… « J’étais malade ou en prison, et vous êtes venus me visiter. » (Mt.25,36) Il lui accordera son pardon. « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus » (Jn.8,11). Il ira plus tard au Portugal rendre grâce à celle dont la main a dévié la trajectoire…

 

Matérialisée par le mur de Berlin, la division de l’Europe s’est dissipée. Ardent défenseur de l’Europe, Jean-Paul II ne cesse d’affirmer son identité spirituelle. A partir d’un substrat gréco-romain, le christianisme a façonné le continent. Les six pays fondateurs du Marché Commun ne peuvent renier leur patrimoine artistique ni l’influence du christianisme sur leurs structures sociales, législatives et culturelles. « Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l’enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête. » (Ap.12,1) Le drapeau choisi par les pères de l’Europe qui ne reniaient pas leur foi chrétienne – Robert Schuman, Alcide de Gasperi, Konrad Adenauer – demeure obscur à qui ignore ses racines chrétiennes. Les Pères consacraient à la Vierge leur entreprise d’unité européenne.

Jean-Paul II déploie toute sa vigueur pour que soit reconnu cet héritage chrétien. Il s’oppose à des courants qui s’accaparent l’Europe pour réaliser leurs utopies. Le philosophe de l’être se heurte aux doctrinaires du néant. L’on peut s’interroger sur les motivations qui poussent ces derniers à se rendre aux obsèques d’un pape dont ils ont méprisé les paroles. « Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé » (Lc.19,37)

 

Le Saint Père

 

Le protocole a ses rigidités. La curie romaine est réputée pour son absence de souplesse et pour l’inaccessibilité du pape. Deux anecdotes inédites :

A l’aéroport de Brazzaville, en 1980, l’avion du pape a deux heures de retard. Que se passe-t-il ? Il vient pourtant de Kinshasa, de l’autre côté du fleuve. Au stade où les Zaïrois viennent d’acclamer le pape polonais, un mouvement de foule a provoqué dix morts. Apprenant cela, Jean-Paul II demande à rencontrer les familles. Peu importent les horaires devant les drames humains.

Rome, 1994. Un pèlerinage rassemble toute une congrégation religieuse, accompagnée de nombreuses familles. Longue audience de Jean-Paul II qui bénit des religieuses contemplatives, prie avec les pèlerins. A la fin de l’audience, le pape dit avec un sourire espiègle : « j’ai vu des religieuses, j’ai vu des religieux, mais je n’ai pas vu les enfants. » Débordant les gardes suisses, une ruée d’enfants franchit la petite barrière, et chacun reçoit une bénédiction du pape. Dans l’épreuve de Kinshasa comme dans la joie de Rome, le pape est père, pape, papa.

 

« Il enseignait en homme qui a autorité » (Mt.7,29) Non que Jean-Paul II imite l’autoritarisme de ceux qui trouvent refuge derrière la loi. Le pape ne dispose d’aucun service d’ordre pour faire respecter ses paroles, d’aucune milice pour accomplir de basses besognes, d’aucun service secret pour consolider son pouvoir. « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si cela ne t’avait été donné d’en haut » (Jn.19,11). Il parle à ce qui, en l’homme, est à l’image de Dieu. Il s’adresse à l’éminente dignité de l’homme.

L’autorité de Jean-Paul II ne vient pas de Karol Wojtyla docteur en philosophie, ni même de sa fonction de « souverain pontife ». Elle procède de la Vérité, l’inoxydable Vérité. On a beau la cacher derrière le mensonge, l’altérer par la médisance ou la bafouer avec la calomnie, la Vérité ne cesse de faire autorité. En se faisant son porte-parole, face aux constructions rationnelles des idéologies, face aux déviances d’une liberté désordonnée, Jean-Paul II parle avec autorité. Ignorant tout de son enseignement sur l’éthique sexuelle, des calomnies cherchent à maculer sa blancheur. Ces accusations de rigidité morale, voire de complicité avec l’extension du Sida l’atteignent au plus profond de lui-même. « Il a été compté parmi les scélérats » (Lc.22,37). Un accueil aux Pays-Bas traduit la haine des courants libertaires envers celui qui est « doux et humble de cœur. » (Mt.11,29) Qu’est-ce que la violence physique d’un attentat devant le viol de l’innocence ? L’amour est trahi, il n’est plus aimé. « Ils lui crachaient dessus » (Mc.15,19) Jean-Paul II ne réplique pas, « comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas la bouche. Dans son abaissement la justice lui a été déniée » (Ac.8,32-33). Le pape garde le silence de la prière et du pardon. « Pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc.23,34). Au sein même de l’Eglise, Jean-Paul II est incompris et critiqué pour son exigence. Un chrétien doit-il se compromettre avec l’opinion à la mode, ou accepter d’être montré du doigt ? « N’es-tu pas, toi aussi, disciple de cet homme ? Non, je n’en suis pas (…) aussitôt, un coq chanta. » (Jn.18.17 ; 27) N’ayez pas peur !

 

« Jean-Paul II, tu es notre ami » scandent les jeunes Français assemblés à Lyon en 1986. « Je suis un ami exigeant » répond-il. Je suis exigeant, car vous êtes dignes que l’on exige de vous ce que vous portez de plus élevé : votre capacité à être divinisés. Je suis exigeant car je m’adresse à des enfants de Dieu ; ce serait vous mépriser que ne pas exiger de vous le meilleur de vous-mêmes. Moi aussi, je vous aime ; c’est pour cela que je suis exigeant.

Plus encore qu’un ami, Jean-Paul II est un père. Un saint père. Il incarne ce dont les sociétés occidentales asexuées et amputées d’une paternité ont le plus besoin. Sans bien comprendre leur plainte, ces sociétés crient leur carence de paternité. Jean-Paul II a l’autorité et l’exigence d’un père. Autorité et exigence d’un homme qui élève, qui fait grandir, qui responsabilise.

 

Artisan d’unité

 

En 1986 a lieu une révolution spirituelle mondiale. Jean-Paul II invite les responsables des grandes religions à se rencontrer à Assise. Chacun est invité à prier, selon sa tradition. Audace d’un pape qui reconnaît aux autres religions une valeur humaine ; dans la mesure de la lumière qu’elles ont reçue, ces religions contribuent à humaniser les hommes. « N’ayez pas peur ! Ouvrez les portes au Christ. » Jean-Paul II ouvre les portes d’une Eglise qui gardait jalousement le Christ dans son seul giron, il reconnaît que la Foi dépasse les appartenances. « Chez personne je n’ai trouvé une telle foi en Israël. » (Mt.8,10)  Il appelle les autres religions à ouvrir leurs portes à Jésus-Christ, à reconnaître en elles sa présence transfigurante. Il abat les murs qui séparent, il construit des ponts qui relient – et respectent.

 

1985 : les premières Journées Mondiales de la Jeunesse ont lieu à Rome. Ces rencontres sont vouées à un extraordinaire déploiement. Les frontières de l’Est sont à peine ouvertes que les jeunes du monde affluent à Czestochowa en 1991. Quatre ans plus tard, le plus grand rassemblement dans l’histoire du monde a lieu à Manille : plus de cinq millions de personnes sont assemblées pour prier avec Jean-Paul II. En 1997, le visage de Paris est transformé en quelques heures ; les courants de l’anticléricalisme militant sont noyés sous une marée de sourires, de chants et de joie. Un jour nouveau est en train de poindre à l’horizon ; le visage des « sentinelles du matin » s’éclaire : l’Eglise se réveille d’une torpeur où l’avaient jetée les dogmes éphémères du mensonge et des certitudes rationnelles. La Foi incarnée reprend le pas sur la logique abstraite. La jeunesse du monde vient éveiller les consciences : « vous êtes le sel de la terre » (Mt.5,13). Ouvrez les portes au Christ ! « Maître, où demeures-tu ? Venez et voyez. » (Jn.1,38-39) « Alors entra l’autre disciple. (…) Il vit et il crut » (Jn.20,7-8)

Le Saint Esprit avait besoin d’un artisan pour lancer de printemps de l’Eglise : il a suscité Jean-Paul II. La sève retrouve sa vigueur, l’arbre de vie va refleurir.

 

Jean-Paul II œuvre pour l’unité des hommes. Son modèle ? L’unité entre le Père, le Fils et le Saint Esprit : la Trinité de l’Amour. Le pape réconcilie l’homme avec Dieu : il désigne Jésus-Christ, pleinement homme et pleinement Dieu, modèle d’unité, chemin de divinisation. « Ouvrez tout grand les portes au Christ », mettez-vous en marche. Sa première encyclique s’intitule : Redemptor hominis, le Rédempteur des hommes. Tout son pontificat est plongé en Jésus-Christ. Le travail humain (laborem exercens), la dignité de la femme (Mulieris dignitatem), l’œcuménisme (Ut unum sint), le sacerdoce (Pastores dabo vobis), la Vie (Evangelium vitae), la Vérité (Veritatis Splendor), la Foi et la Raison (Fides et Ratio), l’Eucharistie (Ecclesia de Eucharistia)… tout prend sens en Jésus-Christ, « tout subsiste en lui » (Col.1,17) qui est « l’Alpha et l’Oméga » (Ap.1,8). Tout est ordonné au Christ, « car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude. » (Col.1,19) Cinquante ans après la mort de Teilhard de Chardin, dont cette christo-centrie imprègne toute l’œuvre, la mort de Jean-Paul II arrive en écho de cette hymne à l’univers. Entrez dans l’Espérance !

Espérance devenue visible, l’Eglise est vivante plus que jamais. Regardez combien sont nombreux ceux qui ont laissé vivre Jésus-Christ en eux : tant de béatifications, tant de canonisations. Jean-Paul II porte sur les autels une multitude de saints qui, à notre époque, se sont laissé inspirer par l’Esprit Saint.

 

Audacieux…

 

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » (Gal.2,20) Où Jean-Paul II puise-t-il la force de réaliser tout ce qu’il entreprend ? Jean-Paul II se laisse habiter par Jésus-Christ. Quel est le secret de cette unité de vie ? Il s’abîme en prière, dans une prière permanente. Il confie : « le rosaire est ma prière préférée. » Le rosaire, prière litanique égrenée comme une pluie de roses, prière du pauvre, prière du pèlerin, de celui qui avance sans regarder derrière lui. Prière de l’enfant qui va humblement quémander le secours de sa Mère, « maintenant, et à l’heure de notre mort. »

Jean-Paul II aura l’audace d’adjoindre les mystères lumineux à cette prière médiévale. Rosarum Virginis Mariae

 

Audace du jeune pape s’adressant au monde entier : « n’ayez pas peur ! »

Audace de l’Européen qui s’agenouille pour embrasser la terre de chaque continent

En terre d’Afrique, audace du pape blanc qui danse

Audace du vicaire du Christ qui rassemble les religions du monde sous les auspices du poverello d’Assise

Audace du Polonais qui reçoit Mikaël Gorbatchev dans ses fonctions

Audace de l’homme de Dieu qui fait tomber les murs des hommes

Audace du Père qui refuse l’avilissement d’une sexualité réduite au seul plaisir, amputée d’une fécondité

Audace du vieil homme qui convoque la jeunesse du monde

Audace du philosophe qui proclame Docteur la jeune carmélite de Lisieux

Audace du chef d’Etat qui s’oppose à l’intervention militaire des Etats-Unis

Audace du prêtre qui prie quand les grands de ce monde s’écoutent parler

Audace du chrétien qui, à Jérusalem, glisse un billet de repentance dans le mur du Temple, du catholique entrant dans la Grande Mosquée des Omeyyades à Damas

Audace du vieillard qui fait tournoyer sa canne comme Charlie Chaplin devant une foule de jeunes

Audace du paralysé qui assume sa mission jusqu’au terme

 

Audacieux de Dieu, libre de tout libéralisme, ayant libéré la liberté… Vraiment libre !

 

Merci Seigneur, d’avoir suscité dans ton Eglise un tel Artiste de la Paix, un tel Père, un tel Artisan d’Unité, un homme libre.

  

 Alors que, depuis quelque temps, des journalistes se pressent pour qu’il démissionne, comme on l’attendrait d’un chef d’Etat, Jean-Paul II continue d’assumer sa mission. « Le mercenaire qui n’est pas le pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit » (Jn.10,12). Le pasteur n’abandonne pas son peuple. L’ancien « athlète de Dieu », donne alors au monde l’image de sa pauvreté physique. Il montre aux hommes que la déchéance ne justifie pas l’extermination.

 

« Comme l’eau je m’écoule et tous mes os se disloquent ;

mon cœur est pareil à la cire, il fond au milieu de mes viscères.

Mon palais est sec comme un tesson, et ma langue collée à la mâchoire.

Tu me couches dans la poussière de la mort. » (Ps.22,15-16)

 

Qu’est-il de plus humain que la pauvreté et la faiblesse ? Jean-Paul II n’a cessé de défendre les pauvres et les faibles, avant de devenir lui-même marqué par la pauvreté de sa faiblesse. Serein à ses derniers instants, Jean-Paul II témoigne de la force que donne une Foi chrétienne assumée : elle permet de vivre la mort comme la transformation d’une vie, passant des limites spatio-temporelles à la Vie en Plénitude : celle de Jésus-Christ ressuscité. « Si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais vers le Père. » (Jn.14,28)

Après des années de maladie, de souffrance, de combat pour la vie, Jean-Paul II s’éteint. Il s’éteint alors que l’Eglise connaît un renouveau inespéré. « Tout est accompli » (Jn.19,30). L’évangélisation est en cours… « Sa lignée le servira, elle annoncera le Seigneur aux âges à venir, elle racontera au peuple à naître sa justice : voilà son œuvre. » (Ps.22,31-32) Printemps de l’Eglise. En ce printemps 2005, la nature s’épanouit, se livre, elle s’ouvre au monde ; elle vit. « Si le grain tombé en terre meurt, alors il porte beaucoup de fruit. » (Jn.12,24)

Dernière mise à jour : ( 20-05-2010 )
 
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